TOUL – HANDICAP ( EST REPUBLICAIN édition TOUL du 28 mars 2019 )

Pour les personnes à mobilité réduite, l’accès reste difficile aux lieux publics

Le 31 mars marque la fin de l’accompagnement des préfectures pour la mise en accessibilité des bâtiments accueillant du public. Après 15 ans de cet accompagnement, de nombreux commerces restent difficiles d’accès pour les personnes en situation de handicap.

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« L’accessibilité pour les handicapés, s’est améliorée ces dernières années, mais il reste du boulot ! », explique Sylvie Yongbloutt.  Photo ER /Simon VERMOT DESROCHES

Il y a des endroits qui sont impossibles d’accès. Je fais des choix en fonction de l’accessibilité. » À la terrasse de l’Audace, dans le centre-ville de Toul, Sylvie Yongbloutt savoure son café. Atteinte de la maladie de Strümpell-Lorrain, elle se déplace en fauteuil roulant depuis 6 ans.

Pour elle, le moindre détail peut être une difficulté : « Une marche, une porte que l’on doit pousser, un trou dans un trottoir… partout où je vais, où j’ai des rendez-vous je dois demander si je peux y accéder en fauteuil. »

Jusqu’à 45 000 euros d’amende

Pourtant, aujourd’hui chaque établissement accueillant du public doit être accessible aux personnes handicapées et ce, depuis le 1er  janvier 2015. Un délai permettait aux retardataires d’être accompagnés par la préfecture jusqu’au 31 mars. À partir du 1er  avril, chacun devra donc faire avec ses propres moyens. Et en cas de refus de mettre aux normes ou d’erreur, l’addition pourrait être salée (de 1 500 à 45 000 € d’amende). Cependant, la verbalisation ne devrait pas arriver immédiatement.

Si les commerçants de Toul ne sont pas tous accessibles, ce n’est pas toujours par mauvaise volonté. « Entre les bâtiments historiques, les petits trottoirs qui ne peuvent pas accueillir de rampe et les commerçants avec de petites capacités financières à qui on demandait beaucoup de travaux… Il y a eu des dérogations au cas par cas », concède Michel Pfaff, le président de l’association des commerçants de la Ville.

Une contrainte pour les commerçants

« Les commerçants voyaient cela comme une nouvelle contrainte… Il a fallu leur montrer qu’une personne âgée pourrait apprécier ne pas avoir de marche par exemple. Faire de cette contrainte une plus-value pour leurs locaux », explique Philippe Geeraert, architecte à Toul, qui intervient dans les commerces pour parler accessibilité à l’initiative de la CCI.

Le coût des installations a également été un frein, « surtout que certains professionnels en ont largement profité… Le prix allait parfois du simple au double pour de simples installations de poignées spécifiques », déplore l’architecte.

Sylvie, de son côté, consciente des améliorations de ces dernières années, reste confiante : « Juste pouvoir aller où je veux sans avoir à demander de l’aide. »

Simon Vermot Desroches

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